23.10.2006

Euthanasie : Une femme de 80 ans jugée pour avoir tué sa fille handicapée

medium_Euthanasie.jpgLe procès de Léonie Crevel, 80 ans, accusée d'avoir mis fin aux jours de sa fille handicapée en juillet 2004 à Tancarville, près du Havre (Seine-Maritime), s'est ouvert lundi matin devant la cour d'assises de Seine-Maritime à Rouen.

Les débats doivent se dérouler sur deux jours et seront présidés par Michel Gasteau. Léonie Crevel, qui comparaît libre, a été mise en examen pour "homicide volontaire sur personne vulnérable". Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

L'octogénaire est accusée d'avoir mis fin aux jours de sa fille Florence, 42 ans, hémiplégique, aveugle et grabataire, le 31 juillet 2004 à son domicile, une petite maison située à Tancarville.

Ce jour-là, Léonie Crevel, qui assumait seule la charge de sa fille depuis plusieurs années et qui ne supportait plus de voir cette dernière souffrir, l'aurait étranglée en lui passant une corde autour du cou et en la faisant basculer de son lit médicalisé. Elle avait ensuite alerté les gendarmes.

Selon Me Titus, plusieurs témoins se succèderont à la barre pour expliquer que sa cliente "n'est pas une criminelle, mais une femme qui a tout sacrifié pour sa fille". Le ministère public est représenté par Delphine Miennel.

Ce procès relance le débat sur l'euthanasie et le droit à la mort.

( Source : AFP )

19.10.2006

Création du blog du Master 2 Droit des Biotechnologies de Versailles

Je suis fier de vous annoncer la création du blog du Master 2 Droit des Biotechnologies option Santé de l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Le blog est accessible en lien permanent dans la rublique de gauche intitulée "Sites Favoris" ou en cliquant sur l'adresse suivant: http://m2dbio.blogspirit.com

N'hésitez pas à y laisser vos commentaires.

15.10.2006

Le point sur : la notion de personne humaine et de personnalité juridique, une affaire de don d'organe

Il est courant de confondre les notions de personne humaine et de personne juridique. Pourtant il existe une différence majeure en matière de biotechnolgies.

Afin de mieux comprendre ces notions, il est nécessaire de se projeter sur une échelle de temps. En effet, la personne humaine naît au moment de la conception même de l'individu et s'éteind avec le décès biologique de la personne.
Tandis que la personnalité juridique débute uniquement au moment de la naissance de l'enfant s'il est né viable et la personnalité juridique s'éteind au moment de la mort cérébrale (qui précède dans tous les cas la mort biologique ).

medium_Foetus.jpgLes enjeux de cette différence sont très importants. Il faut tout d'abord savoir que seule la personnalité juridique est protégée de manière significative par la loi. Ainsi tout enfant né et viable est beaucoup plus protégé qu'un enfant de 8 mois encore dans le ventre de sa mère. De cette façon tout accident entraînant la mort de l'enfant né et viable est considérée aux yeux du droit pénal comme un homicide involontaire, alors qu'il n'en est pas de même pour le foetus. Pourtant le résultat est tragiquement le même pour la mère de l'enfant. Il serait donc opportun de légiférer en la matière.

Ensuite, la personnalité juridique s'éteind avec la mort cérébrale de l'individu. Or, les médecins sont unanimes, le cerveau est le premier organe à s'éteindre. La personnalité juridique (et sa protection) prend fin alors que les autres organes (coeur, poumons ... ) sont toujours en activité.
Cette loi est utilitariste.

medium_cartedonneur05210.jpgEn effet, la loi du 6 août 2004 autorise le prélèvement d'organes et de tissus sur toute personne décédée n'ayant pas fait connaître de son vivant son refus. Cela permet les prélèvements d'organes car l'individu ne bénéficie plus de la protection juridique du respect de l'intégrité de son corps. Dès lors les médecins peuvent librement procéder à des prélèvements d'organes faute pour l'individu ou de sa famille d'y opposer un refus. Or les médecins bénéficient d'une sorte de présomption d'accord de l'individu d'autoriser les prélèvements d'organe.

Il n'est donc jamais trop tôt pour s'y intéresser : sauf refus de votre part, vous êtes tous présumé avoir accepté de donner vos organes en cas de décès. Cependant vous pouvez contourner cette présomption en vous inscrivant au Registre National automatisé des Refus à l'adresse suivante:

Agence de la Biomédecine
Registre National des Refus
TSA 90001
93 572 Saint Denis La plaine Cedex


Vous voilà prévenus !

FX CARON