15.10.2006

L'erreur humaine à l'origine des accidents de radiothérapie

medium_Radiotherapie.jpgDes erreurs de manipulation sont à l'origine d'accidents de radiothérapie d'une ampleur encore inédite en France, qui ont entraîné un décès et des complications chez 13 des 103 patients traités pour des cancers de la prostate entre 2004 et 2005 à Epinal, selon les autorités.

Selon l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) de Lorraine, ces surdosages relèvent d'une "mauvaise utilisation" d'un logiciel introduit en mai 2004, notamment d'erreurs de paramétrages et du "manque de maîtrise technique" d'une partie du personnel du centre hospitalier Jean-Monnet.

Pour le directeur de l'ARH Antoine Perrin, "il y a eu clairement un problème de paramétrages, probablement dû à une mauvaise formation" du personnel. "Les personnels ont mal intégré la formation qu'ils ont reçue. Reste à savoir si elle a été bonne ou pas, même si nous avons des raisons de penser qu'elle comportait des failles", poursuit M. Perrin, pour qui "l'erreur humaine" est incontestablement à l'origine de ces surexpositions.

Le Dr Pierre Aletti, physicien médical mandaté en début de semaine par l'ARH au centre hospitalier d'Epinal, a avancé pour sa part vendredi l'hypothèse d'un problème d'ergonomie du logiciel "qui peut contribuer au risque d'erreur".

Le logiciel a été remplacé en mai 2005, quelques mois avant que ne se déclarent les premiers symptômes pathologiques, fin juillet 2005.

L'enquête épidémiologique interne a débuté en septembre de la même année.

Le procureur d'Epinal Bernard Marchal a indiqué vendredi que la famille d'un patient irradié avait "signalé fin mars (2006) les faits, sans toutefois souhaiter porter plainte" devant la justice.
Selon le procureur, cette famille avait contacté le centre hospitalier, qui avait reconnu une erreur de manipulation. Elle avait reçu une provision de 10.000 euros de la part de l'assurance de l'établissement. Précisant qu'il n'avait "reçu aucune plainte pour le moment", le procureur a toutefois assuré qu'il donnerait "suite à toute plainte qui sera déposée" dans le cadre de cette affaire.

Selon la directrice de l'hôpital, Dominique Capelli, des "transactions" à l'amiable sont en cours avec d'autres patients. "Il y a eu déjà eu 11 expertises et, je crois, neuf propositions d'indemnisation ont été faites", a-t-elle précisé. Les indemnisations proposées pour dédommager les patients irradiés sont "tout à fait faibles", a estimé l'avocat d'un des blessés, Me François Lefort.

Tous originaires de la région d'Epinal, les 23 patients, traités pendant un an, ont subi une surexposition de 20% aux rayonnements de radiothérapie. Ce surdosage a fini par provoquer le décès de l'un d'entre eux.

Trois autres patients sont également décédés, sans toutefois de lien direct avec l'accident, tandis que 13 autres connaissent des complications apparues à partir de juillet 2005, à savoir des rectites (inflammation du rectum) qui ont nécessité la pose d'anus artificiels. Les six derniers ne présentent aucun symptôme.

( Source : AFP )

Commentaires

Je suis moi même atteinte d'une myélite radique suite à un surdosage de rayon, aujourd'hui invalide à 80% et en fauteuil roulant, je me bats contre les médecins oncologues qui ne veulent absolument pas reconnaitre leurs erreurs. Vous pouvez consulté mon site : www.lamyeliteenmarche.org pour vous faire une opinion de la manière dont sont traités les patients qui malheureusement ont voulu faire confiance auxs radiothérapeutes. Combien faudra-t-il encore de morts ou d'invalides pour que ces erreurs soient reconnues en France, alors qu'elles sont prises en compte et reconnues à l'étranger.

Ecrit par : GAMET, Nicole | 17.10.2006

Merci pour votre témoignage.

Parler de ces maladies permet une prise de conscience collective. Malheureusement le droit ne va pas toujours aussi vite que la société.

Votre parcours est édififiant. J'invite tous les lecteurs à visiter votre site afin de mieux se rendre compte de la situation.

Merci pour votre courage.

Ecrit par : FX CARON | 20.10.2006

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